Une fois n’est pas coutume : je soutiens le clergé. Etonnant, n’est-il pas ? Un groupe emmené par une nonne, un prêtre et le dirigeant d’une organisation juive ont proposé à l’assemblée annuelle de la banque d’affaires Goldman Sachs que soit adoptée une résolution demandant de justifier les 69,6 millions de dollars versés en 2010 à ses cinq principaux dirigeants, malgré la chute des bénéfices, en se posant la question de leur efficacité. « Entre salaire et bonus, le directeur général a perçu 14,1 millions de dollars en 2010, près de 14 fois plus qu’en 2009. En 2007, juste avant la crise, il avait reçu 68 millions de dollars de bonus ». Bien sûr, ce groupe représentait des actionnaires de congrégations religieuses qui voient fondre leur pension de retraite (- 17,5%).
Leur combat était juste et pourtant Dieu s’est désintéressé de l’affaire car seuls 4,1 % des actionnaires l’ont soutenu. Etonnant, n’est-il pas ?
Quelles sont les motivations des 95,9% des actionnaires pour cautionner de telles rémunérations peu justifiées d’une façon générale et en regard des résultats d’une façon particulière ? D’autant qu’elles entament leurs propres dividendes. Pour les petits actionnaires je ne vois que la peur de devoir remplacer cette direction vorace par une autre qui risque d’être pire et pour les gros actionnaires, le copinage et le retour d’ascenseur attendu dans les conseils d’administration, car ils jouent dans la même cour. Hypothèses gratuites et c’est pour cette raison que je peux me le permettre.
Illustration : Quentin Massys « Le banquier et sa femme » 1514 (avez-vous remarqué la grosseur des têtes – surtout celle de la femme – par rapport au corps et comparez avec les générations actuelles où la tête est souvent petite par rapport à la longueur du corps )