Comme chacun a pu le constater lors des récentes commémorations, Hollande n’a pas perdu une occasion de se coller à Macron comme un sparadrap dont celui-ci avait du mal à se débarrasser sans paraître discourtois. Harcèlement assorti de gestes affectueux et de quelques déclarations qui laissaient sous-entendre qu’il avait placé lui-même son successeur sur le trône de la République. La chronologie des évènements ne plaide guère en faveur d’un rôle quelconque de Hollande pour la mise sur orbite du nouveau Président de la République, car au moment où son ministre de l’économie avait pris ses distances, il est probable qu’il pensait pouvoir encore se représenter.
Comment interpréter ce sparadrap encombrant ?
Hollande voulait-il montrer que Macron est bien son poulain en espérant attirer un peu de sa gloire sur lui-même ?
A moins que Hollande cherchait à suivre par ses démonstrations l’adage de Jean Cocteau : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur. ». Ce qui pourrait satisfaire les adversaires de Macron ayant le goût des complots et qui ne voient en lui que la créature de Hollande et son continuateur.
Reste une hypothèse machiavélique : « je te colle publiquement le sparadrap de l’impopularité, ça t’apprendra à prendre ma place, alors que je t’ai mis le pied à l’étrier ». Une filiation imposée pour nuire, le baiser qui cherche à tuer.