Il faut se rendre à cette triste évidence : les stéréotypes sexistes se sont infiltrés jusque dans les muséums d’histoire naturelle : les mâles oiseaux et mammifères sont surreprésentés dans leurs collections, c’est ce qui ressort d’une étude publiée tout récemment dans la revue Proceedings of Royal Society B.
On se demande, bien sûr, ce qui a poussé les chercheurs à se pencher sur le sexe des animaux morts pour aboutir à ce triste constat. L’auteure principale de l’étude, la Londonienne Natalie Cooper, nous en donne l’explication : « nous nous intéressions aux préjugés de genre dans le milieu scientifique, où il y a par exemple une surreprésentation de chercheurs hommes blancs aux postes hauts gradés. Aussi trouvions-nous intéressant de voir si ce biais masculin se retrouvait dans les collections des musées »
Il a fallu tout de même préciser le sexe « de 2,5 millions de spécimens d’oiseaux et mammifères collectés par cinq grands muséums (Londres, Paris, New York, Washington et Chicago) depuis le XVIIIe siècle, ». Mais cela en valait la peine car les chercheurs ont pu ainsi déterminer pour chaque espèce la proportion de spécimens mâles par rapport aux spécimens femelles et le déséquilibre est manifeste et encore une fois en faveur du sexe mâle.
Notre Nicole remarque qu’au XIXe siècle, les personnes chargées des collections dans les musées étaient “pour l’essentiel des hommes”. Elle semble donc suggérer que ces collectionneurs mâles collectionnaient de préférence les mâles. Cependant, les collections étant alimentées par la chasse et le piégeage, plus qu’une préférence, il faudrait plutôt conclure que les mâles sont plus bêtes que les femelles ou en tout cas plus visibles et plus bruyants ; le mâle la ramène manifestement trop et se fait ainsi piéger. En revanche bêtise est du féminin.
Illustration Lascaux : "L'allée des cerfs". Le sexisme remonte loin.