21 Juillet 2024
Après les deux élections, les politiques n’ont pas cessé de parler du message envoyé par les Français. Cette litanie répétée jusqu’à plus soif finit par devenir irritante Il va de soi que chaque politicien a son interprétation du fameux message et toujours en faveur de ses thèses. Or, évidemment, les électeurs n’envoient aucun message car pour le faire il faudrait qu’ils se concertent avant de l’envoyer. L’électeur se contente de voter pour favoriser ou défavoriser un camp ou un candidat. Il ne dit pas : « je vais faire en sorte que la classe politique comprenne que je veux ceci ou cela ». L’électeur n’exprime par son vote aucune volonté, il exprime un choix, une préférence parfois par défaut, et comme il lui est impossible de préciser qu’il s’agit d’un choix négatif et non pas positif, interpréter son fameux message tiendrait de la magie.
Que les politiques prétendent prendre des décisions en fonction d’un message inexistant mais qu’ils rédigent à leur convenance, tient de l’usurpation, voire de l’escroquerie. Dire, ce que l’on entend sans cesse en ce moment, que les électeurs en installant au Parlement trois blocs de députés quasiment égaux exprimeraient par là leur désir de voir se constituer des coalitions, est idiot. Cette situation est un fait et non pas l’expression d’une volonté.
Quant au Nouveau Front dit Populaire arrivé en tête, mais très loin d’avoir obtenu la majorité en voix et en sièges, dès la connaissance des premiers résultats, il proclama par la voix tonitruante de son leader minimo que le message du peuple français était clair : celui de lui donner le pouvoir pour appliquer l’intégralité d’un programme délirant, approuvé (lorsqu’ils en ont eu connaissance) par une minorité de Français dont beaucoup avaient, en fait, voté sans enthousiasme pour limiter le nombre de députés du Rassemblement National. Mélenchon est ce genre de dirigeant, quand on connait ses modèles et les "purges" dans son camp, qui parle sans cesse au nom du peuple dont il prétend être le seul dépositaire, avant de le faire taire une fois arrivé au pouvoir.