Ce matin sur France Inter, Mr Hamon, ministre de l’Education nationale, a largement utilisé une formule courante dans les milieux du pouvoir actuel et qui m’énerve à chaque fois que je l’entends : « le peuple de gauche ».
D’abord elle est méprisante pour ceux qui ne sont pas de gauche, presque aussi méprisante que les déclarations faites par plusieurs responsables de droite affirmant l’illégitimité du gouvernement de gauche comme si le seul pouvoir légitime ne pouvait être que de droite.
Parler d’un « peuple de gauche » implique une division de la population en deux parties et qu’il existe un « peuple de droite ». Comme cette dernière formule n’est jamais utilisée à ma connaissance, il est sous-entendu que le peuple est par définition de gauche, et qu’un pouvoir de gauche ne devrait tenir compte que de ceux qui sont ainsi estampillés.
Le peuple est le peuple et il n'a pas à être qualifié. Les élections montrent bien que souvent peuple varie même s’il existe des franges qui votent aveuglément pour la gauche ou la droite quelles que soient les erreurs commises par l’une ou par l’autre. Ceux qui oscillent ainsi de la gauche à la droite et inversement ne feraient donc pas partie du peuple, mais ils y seront inclus s’ils votent à gauche, même si leur condition sociale ne les destinent pas à faire partie de ce qu’on appelle le peuple en langage marxiste.