Il est tout de même curieux que pour améliorer le fonctionnement de la justice, trop lente et manquant de moyens, il est proposé de la ralentir davantage, de la compliquer et d’aggraver son manque de moyens en introduisant un jury populaire en correctionnelle.
Soigner le mal par le mal est une option intéressante.
La mairie de Paris n’a-t- elle pas fait en sorte d’aggraver les embouteillages pour diminuer le nombre de voitures dans la ville ? L’Etat n’a-t-il pas retiré des services publics dans les campagnes tout en déplorant leur désertification ? Pour lutter contre la désaffection des médecins pour la médecine générale, ne fait-il pas tout pour dégoûter les médecins de s’engager dans cette voie ? Pour diminuer le nombre de malades n’a-t-on pas fermé des lits dans les hôpitaux ? Pour réduire le déficit de la sécurité sociale, celle-ci n’a-t-elle pas été amenée à prendre en charge des aspirations qui ressortent du désir personnel et non de la maladie ? Pour diminuer les frais de fonctionnement de l’Etat, celui-ci n’a-t-il pas multiplié les institutions onéreuses : conseils, autorités, observatoires, satisfait les convenances personnelles des officiels et déployé des forces de sécurité là où elle n’est pas menacée aux dépends des lieux où elle l’est ? Pour alléger les classes scolaires de leurs instructeurs civils, l’Etat n’a-t-il pas envoyé des instructeurs militaires dans onze opérations extérieures ?
Le mal par le mal est une thérapeutique de choc, c'est-à-dire choquante.