Il fut un temps où l’on tentait de
décourager la pratique de la masturbation en menaçant ses adeptes de surdité. Or, actuellement circule sur le net une vidéo produite par les Témoins de Jéhovah qui s’adresse aux sourds dans le
langage des signes pour leur expliquer les dangers de l’onanisme. Il est permis de penser que pour eux cette mise en garde arrive trop tard.
La vidéo d’essence biblique expose les choses avec beaucoup de doigté sans trop culpabiliser les tenants des pratiques solitaires, Jésus ayant racheté à l’avance les péchés que l’on pourrait commettre.
Il n’en fut pas toujours ainsi. A la fin du XVIIIe siècle, un très réputé hygiéniste de Lausanne, André Tissot, publia « L’Onanisme. Dissertation sur les maladies produites par la masturbation », qui lui attribua à peu près toute la pathologie et eut soixante sept rééditions. A la fin du siècle suivant, aux Etats Unis, le Dr Kellog, inventeur des corn-flakes, reprit le flambeau. Pour lutter contre le « vice solitaire », on préconisa et on pratiqua sans hésiter : corsets de contention et mains liées, castration, clitoridectomie, application de phénol sur le clitoris, circoncision sans anesthésie, section des nerfs génitaux nommés nerfs honteux. La collaboration des chirurgiens à ce délire ne fit pas défaut. Parmi les symptômes de la masturbation donnés par Kellog il y a le fait de fumer, argument méconnu, semble-t-il, des campagnes antitabac.
A présent la masturbation, en se mécanisant, est entrée dans le circuit commercial, et fait partie de la médecine puisqu’elle est indispensable à la procréation médicalement assistée. Les voies du Seigneur sont impénétrables.
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