Dans l’émission TV « ça balance à Paris » (Sur la chaîne « Paris 1ère »), des chroniqueurs font la critique de films, spectacles, livres, musique ou expositions… Les auteurs ou les acteurs sont parfois présents lors de ces critiques sans que les chroniqueurs le sachent, et ces derniers sont par la suite confrontés à ceux ou celles qu’ils ont critiqués. Confrontations qui, parfois, ne manquent pas de piquant.
Dans l’émission de samedi dernier, une écrivaine d’origine algérienne dont le livre évoque les attitudes diverses des membres d’une famille magrébine en France, avait reçu des critiques élogieuses. Elle a eu cette réplique lors de son face à face avec les chroniqueurs : « je ne réclame pas le droit à la différence, mais le droit à l’indifférence ».
« Le droit à l’indifférence ». Cette formule m’a frappé. Car le droit à la différence, tant prôné, a pour conséquence une segmentation de la société si les différences sont mises en exergue ou favorisées. Le droit à la différence a pour but d’éviter « discrimination » et « stigmatisation », mais c’est justement en mettant l’accent sur les différences de certains groupes que l’on attire sur eux l’attention et que d’autres peuvent ne pas tolérer cette différenciation.
De la même façon, on peut remarquer l’effet contre-productif de l’inénarrable formule « issu de la diversité ». On peut être issu d’une mère, d’une famille, d’une ville, d’un pays mais sûrement pas d’une diversité. Cette formule n’a aucun sens, elle est hypocrite, prononcée la bouche en « cul de poule », pour de pas dire Français d’origine arabe, ou d’Afrique noire, car elle semble moins inclure l’origine asiatique.
Que dire des « minorités visibles » pour ne pas dire noires (black étant plus prisé) comme si les blancs n’étaient pas visibles. Distinction qui, paradoxalement, a une connotation raciste.
Alors je trouve que le « droit à l’indifférence » revendiquée par cette écrivaine d’origine algérienne est bien plus juste. Indifférence à la personne, à son physique, à la couleur de sa peau, à ce qu’elle est. Ce qui ne veut pas dire que l’on doit être indifférent à ce qu’elle fait, et admettre des attitudes et des actes qui contreviennent aux mœurs du pays. Il est impossible d’être indifférent à la domination de l’homme sur la femme, à des pratiques comme l’excision ou au rejet, jusqu’à être meurtrier, du pays qui l’accueille.
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