Nos juges ne sont pas rancuniers : ils ont offert un bracelet à Sarkozy bien que pendant sa présidence il les ait mis en boîte en les qualifiant de petits pois. Les magouilles en politique finissent par se payer cher. Si cela continue nous n’aurons que des politiques honnêtes. Non pas que l’honnêteté soit incompatible avec l’exercice du pouvoir, mais c’est tout de même un handicap. La politique c’est un peu l’art de mentir en étant cru pour atteindre un objectif nécessaire et comme le disait Edouard Herriot : « La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop ». Le plus bel exemple est le « je vous ai compris » de De Gaulle face à une foule de Pieds Noirs qui l’acclamèrent à Alger avant d’être chassés du pays où ils étaient nés. Si cela continue nous n’aurons que des idéologues, honnêtes mais dangereux car persuadés d’avoir raison au besoin en tordant ou en détruisant la réalité pour satisfaire leurs lubies. Nous aurons une Rousseau qui, comme son grand homonyme, croit que la nature c’est bien et l’homme c’est mal, sauf le sien car il est « déconstruit », et qui se prend accessoirement pour le prototype féminin du Messie. Nous aurons des démodés à la mode Guevara ou Trotski. Nous aurons des zozos persuadés que la solution est de remonter le cours de l’histoire au besoin en y apportant quelques retouches. Ce qui laisse penser que finalement l’idéologie n’implique pas l’honnêteté et peut-être que les idéologues sont encore plus malhonnêtes que les autres car tout est permis lorsque l’on détient la vérité et que l’on veut l’imposer. Illustration : Grosz.