Avez-vous remarqué que nombre de ministres du gouvernement, surtout parmi les plus jeunes, imitent les
intonations et la façon de parler de leur maître ? Mais sans les mouvements scapulaires qui nécessitent un bon entraînement et une bonne forme physique. C’est particulièrement vrai pour
Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, que j’ai entendu ce matin sur les ondes (si bien que je n’ai pas pu juger pour les
épaules).
Une des articulations rhétoriques les plus utilisées est : « la question, c’est quoi ? » interrogation suivie d’un silence angoissant rompu par la formulation de la question une fois que l’intéressé a pris le temps de la trouver. Puis vient enfin le deuxième membre de l’articulation : « la réponse, c’est quoi ? », petit silence, le temps de suspendre l’auditoire à ses lèvres d’où va sortir la solution qui se veut pédagogique et définitive.
Bien sûr, ce n’est pas d’une grande élégance, mais le phrasé s’efforce d’être populaire, accessible aux débiles que nous sommes. L’articulation rhétorique suivante : « quelle est la question ? » - « quelle est la réponse ? », plus correcte, est moins utilisée car pas assez peuple.
A noter que les ministres et leur maître ne se posent que les questions auxquelles ils peuvent répondre pour éviter de répondre à celles qu’on leur pose.
Illustration : un aristochien de Thierry Poncelet