Le gouvernement nouveau est arrivé. Il a un parfum de déjà vu. Un peu plus dense que le précédent, mais sans modification notable en dehors de l’arrivée de Ségolène Royal, la mère des enfants du chef, qui va enfin se mettre à table ajoutant ainsi une pointe de romantisme aux mets servis par la cuisine gouvernementale.
Evidemment, l’opposition ironise jusqu’à dire que l’ « On a changé le bocal, mais on garde les mêmes cornichons ! » (Jean-Christophe Lagarde, UDI).
Le journal allemand « Die Welt » écrit que le nouveau premier ministre pourra peut-être changer l’ambiance (en bien ou en mal ?) mais pas l’essentiel car la République Française est une monarchie et seul le Chef de l’Etat a le pouvoir : «dans la monarchie présidentielle française, si les ministres et le premier d'entre eux semblent être des personnages importants qui peuvent prétendre à une voiture de fonction de milieu de gamme, aucun d'eux n'a véritablement son mot à dire […] En France, il y a un chef de cuisine et 37 commis [le nouveau gouvernement annoncé ce mercredi compte 16 ministres]. Le départ d'un commis n'a aucune influence sur la qualité de la cuisine servie. Même le sous-chef ne peut pas faire beaucoup plus que tenter d'améliorer l'ambiance à table. Le remplacement d'un Premier ministre et de 2, 3 ou 19 ministres n'a aucune importance et relève tout au plus du message psychologique ou de la propagande »
Le chef cuisinier est nu, car s’il a tout pouvoir dans la cuisine, il s’en est jusqu’à présent mal servi pour ne satisfaire qu’une minorité de convives, et s’il a prévu des innovations, elles n’ont pas encore eu l’ombre d’une concrétisation ou n’ont encore obtenu aucun résultat. Il n’a plus guère de soutien, ni dans la population restée sur sa faim ou mécontente de ce qu’on lui a servi, ni même dans sa clientèle qui semble vouloir quitter la table. Les écolos ont bêtement claqué la porte de la cuisine alors qu’on leur proposait de faire partie de la nouvelle brigade, et le Front de gauche avide de boucherie rumine dans son coin des bouts rances de marxisme ayant dépassé la date de péremption.