Notre président a épousé une chanteuse. Bien que je ne sois pas dans l’intimité de ce couple prestigieux (je ne suis pas assez riche), je suppose qu’elle lui murmure de temps à autre des mélodies apaisantes. Je ne voudrais pas être mauvaise langue (on ne fait pas toujours ce que l’on veut), mais voyez le résultat.
Certes, notre président ne chante pas lui-même, contrairement au président de la République indonésienne qui cherche ainsi à transmettre “ses sentiments profonds au plus grand nombre, aux enfants d’Indonésie ». Son dernier album s’intitule : « je suis sûr d’y arriver » et il a trouvé une façon présidentielle d’y arriver, dans un concours pour entrer au ministère du Commerce, la question suivante a été posée aux candidats : “Parmi les titres de chanson ci-dessous, lequel figure dans le troisième album du président Susilo Bambang Yudhoyono ?”.
On sait ce qu'il reste à faire à notre président pour mieux diffuser les œuvres de sa belle. Mais les conseillers de l’Elysée n’ont pas encore osé lui proposer de pousser la chansonnette pour transmettre ses sentiments profonds à la nation. Peut-être ne lui reste-t-il que cette solution pour remonter dans les sondages.
Aux Philippines, les députés ont voté une loi punissant de 100 000 pesos d’amende et de deux ans d’emprisonnement ceux qui prendraient des libertés avec l’hymne national. Il est stipulé dans le projet de loi que l’hymne « doit être chanté sur un rythme de marche avec un tempo de 100 à 120 pulsations par minute, en 4/4 et 2/4”. Les chanteurs qui n’avaient pas suivi l’arrangement officiel de l’hymne ont été vivement critiqués et l’un s’est même excusé de l’avoir chanté sur un registre aigu.
Encore un pays à la recherche de son identité nationale.
Le 11 novembre 1940 des milliers de jeunes, étudiants et lycéens avaient manifesté sur les Champs-Elysées en chantant la « Marseillaise », hymne particulièrement guerrier au lendemain d’une lourde défaite. Plus d’une centaine avaient été a arrêtés par les Allemands et emprisonnés à la prison de la Santé.
A présent, on ne chante plus la « Marseillaise », on la siffle.