Cette semaine une femme s’est vue interdire l’entrée du musée d’Orsay en raison d’un décolleté profond, et il lui a été demandé d’enfiler une veste pour cacher ses seins que l’on ne saurait voir. Il se trouve que ce musée expose des nus à la vue de tous , et notamment « l’origine du monde » de Courbet, tableau représentant avec réalisme le sexe féminin. Ce qui confirme que le réel et le vivant ont un impact bien plus puissant que l’image, la fiction ou l’imaginaire. Depuis, la direction du musée s’est excusée de l’initiative pudibonde de l’une de ses employés auprès de la personne dont les seins furent malencontreusement repoussés hors de l’enceinte culturelle. Hier, des Femen sont venues protester dans le musée contre ce refoulement mammaire en portant des slogans comme "stop à la sexualisation du corps de la femme" “obscène à cause de vous” ou “l’obscénité est dans vos yeux” sur leurs poitrines nues. Donc, ces féministes radicales veulent "désexualiser" le corps de la femme, mais il se trouve que la sexualité est basée sur l’attraction des corps qui peut aller jusqu’au rapport sexuel, et même la procréation. On pourrait en conclure que ces Femen souhaiteraient remplacer la copulation qui nécessite une sexualisation des corps, qu’il soit féminin ou masculin, par la fécondation in vitro, ce qui permet la procréation hors des corps, ceux-ci étant enfin "désexualisés". Je voudrais cependant signaler à ces Femen, dont beaucoup sont lesbiennes, qu’elles sexualisent, elles aussi, le corps de leurs compagnes avec lesquelles elles désirent avoir des rapports sexuels. Il semble donc que ce qui peut attirer un homme vers une femme ou vice versa serait scandaleux, alors que l’attrait physique d’une femme pour une autre serait licite. La fécondation in vitro pour la procréation faisant pour elles l’affaire en "désexualisant" le sperme de l’homme devenu un produit de consommation comme un autre stocké dans des banques. Ajoutons, a contrario, qu'un mouvement demande aujourd'hui aux lycéennes et collégiennes de s'habiller de façon "provocante" afin de pouvoir se vêtir comme elles le désireraient contre le règlement intérieur de leur établissement. S'opposant aux Femen, ces adolescentes demandent donc la liberté de sexualiser leurs corps puisqu'elles parlent de "provocation" qui ne peut viser que les hommes (ou les lesbiennes). Je suppose que de jeunes voilées chercheront à profiter de cette ouverture pour se couvrir en provoquant la laïcité. La femme a toujours été un mystère pour l'homme (Illustration : Francis Picabia : « Deux femmes aux pavots »)