26 Septembre 2019
Dans la dernière édition du magazine Le Point, Franz-Olivier Giesbert a publié un éditorial intitulé : Terrorisme : les « déséquilibrés » ont bon dos. Je me permets d’en rapporter ici de larges extraits :
"…Ils voudraient nous faire croire que les attentats sont presque toujours l’œuvre de malades mentaux. Il ne faut donc pas qu’ils aient des comptes à rendre. Quand un musulman lance sa voiture contre la mosquée de Colmar, comme samedi dernier, avant de s’écrier : « Allah Akbar » (« Dieu est grand »), les autorités nous annoncent promptement qu’il s’agit d’un « déséquilibré ». Circulez, il n’y a rien à voir.
Même chose pour le musulman qui, en 2017, avait tué Sarah Halimi, sexagénaire juive, dans son HLM de Belleville en hurlant la même formule et en récitant de surcroît des versets du Coran. Ne tremblez pas, bonnes gens, quelques pilules de psychotropes suffiront pour que l’assassin, redevenu doux comme un agneau, revienne sans tarder sur le droit chemin.
Les bornes ont été franchies après l’attaque au couteau commise à Villeurbanne, le 31 août, par un ressortissant afghan, qui a blessé huit personnes et tué un jeune homme de 19 ans, Timothy Bonnet. Un témoin se souvient de l’avoir entendu dire pendant qu’il frappait ses victimes : « Ils ne lisent pas le Coran. » Ne signait-il pas ainsi son crime ?
Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. « Rien ne permet de conclure à une radicalisation », s’est empressé de conclure le procureur de la République de Lyon à propos du profil du meurtrier, alors que le modus operandi rappelle une technique islamiste qui consiste à semer l’épouvante dans la rue. L’Afghan aurait également présenté, toujours selon le procureur, « un état psychotique envahissant avec délires multiples ». Le haut magistrat voulait-il dire par là que les terroristes sont, eux, sains d’esprit ?
La psychiatrisation du terrorisme est une nouvelle manifestation du grand déni national sur les questions qui fâchent. Notez comme les attaques au couteau ou à la voiture contre les marchés de Noël ont été systématiquement attribuées, ces dernières années, à des « déséquilibrés ». De la désinformation pure et simple qui ne peut contribuer à combler un peu l’énorme fossé qui s’est creusé entre la France d’en bas et les autorités, les médias, sur fond de complotisme : « On nous cache tout, on nous dit rien. »
Voici venu le temps de la médicalisation de l’islamisme, pardon d’avoir cité le nom. Au lieu de punir les terroristes, il faut les soigner, les écouter, voire les plaindre, puisqu’ils sont presque tous « déséquilibrés » : telle est la dernière tendance de la bien-pensance, cette nouvelle idéologie dominante qui victimise à peu près tout le monde, sauf les mâles blancs, desquels vient, comme chacun sait, tout le mal.
Au train où vont les choses, on nous dira bientôt qu’ils doivent être traités par des cellules de soutien psychologique, les pauvres chats. S’ils commettent des attentats, ce n’est en effet pas leur faute, c’est celle de la France, de la mondialisation, de la colonisation, de l’ultralibéralisme. D’ailleurs, les islamistes ne sont pas islamistes, comme s’échine à le démontrer sans rire, au prix de contorsions pathétiques, une dépêche de l’AFP à propos du candidat des ténèbres cryptosalafistes, le bonnet de nuit Kaïs Saïed, à l’élection présidentielle tunisienne… ».
Pour les islamo-gauchistes, la justice française, les médias, et bien sûr les musulmans eux-mêmes, les assassins solitaires qui tuent au nom d’Allah n’ont rien à voir avec la religion, mais avec la psychiatrie. Autrement dit, les musulmans ne commettent des attentats que s’ils sont déséquilibrés. Force est de constater, en regardant les évènements de ces dernières années, qu’il y a beaucoup de déséquilibrés dans la « communauté des croyants ».
Les officiels de la société française ont donc tendance à minimiser la signification des attentats solitaires en écartant le motif du fanatisme religieux au profit d’une médicalisation de leurs auteurs. Mais de façon symétrique, les islamistes s’efforcent de médicaliser leurs opposants en brandissant l’accusation « d’islamophobie », un conseil vigilant et procédurier lui est d’ailleurs dédié, en tentant, en outre, d'assimiler la critique de l'islam à du racisme. Ils le font avec l’appui de la meute des « idiots utiles » outrés lorsqu’un député estime que l’on a le droit de critiquer l’islam comme tout autre religion ou l’athéisme. Les critiques et l’humour n’ont pas épargné et continuent à ne pas épargner le christianisme sans que cela soulève beaucoup de protestations. Mais les exercer à l’encontre de l’islam ne peut relever que de la phobie, c’est à dire de la pathologie, notion soutenue par les « idiots utiles » qui, faute de classe sociale à défendre, rangent facilement les islamistes parmi les victimes de la société. Mais pour ces derniers, critiques ou ironie ressortent du blasphème et méritent la mort.