Avant et après la deuxième guerre mondiale, une partie importante de la population française se déclarait favorable aux régimes communistes en place et même admirative. Beaucoup étaient en extase devant les réalisations de l’Union Soviétique supposées ou vantées par une propagande bien faite. L’URSS bénéficiait en outre de l’aura d’avoir largement contribué, et au prix de lourds sacrifices, à la chute du nazisme. Par la suite, ce fut au maoïsme d’avoir son heure de gloire. Des régimes qui avaient déjà à leur actif des dizaines de millions de morts innocents provoqués par la folie de leurs maîtres, des décisions absurdes et des sacrifices inutiles.
Que le peuple, à l’époque, étourdi par la propagande, puisse sincèrement penser que de telles idéologies étaient susceptibles améliorer leur sort, pouvait à la rigueur se comprendre, mais l’adhésion de nombreux intellectuels au stalinisme et au maoïsme alors que des transfuges de ces pays cadenassés, parvenus à leur risque en Occident, témoignaient de la situation catastrophique dans laquelle se trouvaient les populations de ces pays, m’a toujours paru incompréhensible. Et que dire des intellectuels invités sur place qui n’eurent jamais le bon sens de s’apercevoir que leurs hôtes égaraient leur jugement et flattaient leur béatitude, jusqu’à déléguer, le temps de son bain, de jeunes éphèbes de l’armée rouge pour nager auprès de Gide (qui fut un des rares à ne pas se laisser duper). Comment des gens aussi intelligents, talentueux, documentés, pouvaient ainsi se laisser berner et être aussi aveugles ? Un trop plein d’intelligence peut-il conduire à la débilité mentale ?
Question corollaire : comment peut-on être communiste de nos jours ? Le capitalisme n’est pas joli à voir, mais il n’a pas donné lieu à des autoritarismes meurtriers quand il a résisté aux idéologies, et il a permis une certaine réussite économique, même si elle est injuste, bancale, et fragile. Les autorités chinoises l’ont bien compris puisque la réussite économique de la Chine est liée à l’introduction d’une bonne dose de capitalisme dans son communisme, surtout caractérisé par un parti unique et le confort de ses dirigeants.
Comment peut-on être communiste aujourd’hui ? Le communisme a manifestement échoué partout, sous tous les climats et quels que soient les hommes qui l’ont entrepris, jusqu’à aboutir à la monstruosité de la Corée du Nord. Les communistes sincères vous diront que ces communismes-là ont trahi le communisme tel qu’ils le conçoivent. Ce qui veut dire qu’ils se considèrent comme plus intelligents et plus vertueux que les autres. C’est à la fois d’une grande prétention et d’une grande naïveté, car cette idéologie, une fois appliquée, aboutit toujours à la même chose, c’est dans l’essence même du système et dans la nature des hommes, les faits historiques l’ont largement prouvé.
Conclusion : l'idéologie rend idiot