Il est certain que le fait d’être l’exécuteur
testamentaire de Mme Bettencourt avec son ancien ami d’enfance François-Marie Banier, tâche pour laquelle une rémunération d’un million d’euros
aurait été prévue, est une motivation suffisante pour que le Pr Gilles Brücker s’efforce de démontrer que sa patiente a toute sa lucidité et
notamment lorsque ces dispositions ont été prises.
Il va sans dire que l’intéressé met toute sa conscience professionnelle à soigner sa patiente et s’efforcerait de la maintenir en vie dans le cas où celle-ci serait menacée. Mais tout de même, il y a là un mélange des genres qui justifie que le conseil de l’ordre des médecins se penche sur la question, car l’article 909 du code civil ne précise-t-il pas que : « Les docteurs en médecine ou en chirurgie, les officiers de santé et les pharmaciens qui auront traité une personne pendant la maladie dont elle meurt, ne pourront profiter des dispositions entre vifs ou testamentaires qu'elle aurait faites en leur faveur pendant le cours de cette maladie », une règle reprise par l’article 52 du code de déontologie. Maître Tourné, avocat du Pr Brücker, considère, lui, comme « scandaleuse » la « publicité donnée à cette affaire ». Curieux, ce n’est pas l’affaire qui est scandaleuse, le scandale est qu’on en parle.
Qu’allait donc faire l’imprudent Pr Bückner (et sa compagne) dans cette galère ? Pas de chance. L’affaire Woerth-Bettencourt est décidemment tentaculaire. Tirer sur un fil qui dépasse, on ne sait jamais jusqu’où ça va aller.
Cela me rappelle un fait divers ancien (aucun rapport avec ce qui précède) survenu, je crois, en Angleterre, où un médecin était le bénéficiaire des testaments de ses patientes qu’il achevait en douceur pour en bénéficier.