L'été se meurt. Hier et aujourd'hui à Paris, il fait encore beau. Mais le soleil est déjà bas et les feuilles encore vertes se cuivrent peu à peu. Les cafés se vident sur les trottoirs. Les gens
pour goutter le soleil et voler une cigarette, mangent dans les vapeurs d'essence. Et les voitures empêtrées près d'eux klaxonnent comme on gémit lorsqu'on a mal. En pure perte. On manifeste
quelque part. On manifeste toujours quelque part. En pure perte.
Les parcs sont pleins, les uns assis ou couchés, les autres courent. Il y a des tas de gens qui courent et les gens assis les regardent courir. C'est intéressant. Les jeunes filles, les écouteurs aux oreilles, les seins libres cahotant au rythme des foulées, les jeunes hommes, le tee-shirt maculé de larges taches, les vieux hoquetant, le cœur affolé et les enfants courent après les pigeons, s'exerçant aux rêves impossibles. L'été se meurt, vive l'été !