Ce que je n’aime pas lorsque les premiers froids arrivent, lorsque le bleu du ciel devient laiteux, lorsque le jour à peine levé se couche, lorsque le soleil semble parti en vacances alors que ce n’est pas encore le temps des congés payés, ce que je n’aime pas à l’approche de l’hiver, c’est que les femmes sont obligées de se couvrir, de faire disparaître leur corps sous des vêtements chauds, sous des bonnets de laine, sous des châles qui leur font des minerves de couleur et de devenir aussi rondes que des babouchkas.
Mais les femmes sont merveilleuses. Elles ne renoncent pas, elles s’entêtent, et par ce froid les jeunes femmes montrent tout de même leurs jambes, parfois interminables, recouvertes d’un collant épais qui leur donne un aspect solide et merveille des merveilles, elles mettent même des mini-jupes volant joliment sur les collants de couleur ou des shorts ajustés comme en été. D’éventuels tennis gâchent un peu l’ensemble mais nous avons le plus souvent droit à des bottes laissant libres les cuisses gainées, ou des chaussures dont les talons claquent sur le sol lorsqu’il est sec et invitent à se retourner pour voir leur tête sous le parapluie qui leur fait une corolle.
Les femmes nous offrent des habits d’été même par temps laid.
Au printemps elles retireront leurs collants épais, leurs jambes paraîtront alors
plus minces et plus fragiles, mais j’espère qu’elles garderont leurs mini-jupes.