L’électrothérapie pour traiter les douleurs rhumatismales ou des affections neuromusculaires est connue de longue date et dans l’Antiquité l’électricité était fournie à bon compte et de manière très écologique par l’arme de défense de certains poissons. Bien plus tard, le Dr Jean-Paul Marat, plus connue pour sa fin dans une baignoire que pour ses activités médicales en avait fait son fonds de commerce en tenant une « boutique d’électricité médicale » avant la Révolution. L’électrothérapie reste aujourd’hui utilisée et nécessite un appareillage adéquat.
En Indonésie elle constitue une méthode de guérison traditionnelle. Elle se développe en Malaisie et est notamment utilisée par les bangladais résidents dans le pays sous une forme originale : ils s’allongent en travers des voies de chemin de fer, au péril de leur vie, dans l’espoir que le courant électrique qui circule dans les voies ferrées les guérisse de leurs maladies. Ils pensent que le faible courant électrique qui traverse leur corps lorsqu’ils sont allongés sur les voies fait disparaître la douleur et atténue les symptômes de maladies telles que le diabète ou l’arthrose.
Cette méthode ferroviaire est née dans un village proche de Jakarta où des dizaines de personnes se couchent chaque jour sur les rails sans être dissuadés par la menace de lourdes amendes et même de peines de prison, attirées par une rumeur qui va bon train selon laquelle un homme victime d’un accident cérébral s’était couché sur les rails pour se suicider et avait recouvré l’usage de ses membres.
La moralité de cette histoire pourrait être que des gens risquent leur vie pour guérir de troubles qui ne la menacent pas, mais il est possible aussi qu’ils soient avertis de l’arrivée d’un train par les vibrations des rails avant qu’il n’apparaisse. Ma source est peut-être discutable, je la tiens de bandits détrousseurs de voyageurs dans les westerns.
Photo Enny Nurahéni (Reuters)