Je ne possède pas de chat. En fait, et c’est bien connu, on ne possède pas un chat, c’est lui qui vous possède. Je trouve le chat un peu inquiétant : on ne sait pas trop ce qu’il pense. C’est un animal ambigu, il est là et ailleurs, il dort et il chasse, il se fait plus aimé qu’il n’aime. On n’est jamais sûr de ses sentiments et de sa fidélité. L’être humain est plus fidèle à ce félin que l’inverse.
Je vois fréquemment sur les murs de Paris de petites affichettes où des personnes éplorées demandent à la population de les aider à retrouver leur chat en exposant sa photo assortie d’une description dans laquelle on sent l’émotion à chaque ligne et l’incompréhension d’avoir été plaqué(e) sans raison.
L’ambiguïté du chat a intrigué et intrigue toujours les physiciens :
En 1935, Schrödinger a imaginé une expérience où un chat enfermé dans une boîte pouvait être à la fois mort et vivant (états superposés), selon la théorie quantique, avant que l’animal ne soit observé.
En 2017 Marc-Antoine Fardin, physicien de l'université Paris-Diderot a remporté l'Ig Nobel* de physique pour son étude rhéologique du chat. Pour lui, le chat est à la fois solide et liquide car il prend la forme de tous les récipients dans lesquels il se glisse, boîte, lavabo, seau, etc.
Être à la fois liquide et solide ou mort et vivant, qui dit mieux ?
Pierre Bonnard : « Le chat blanc »
* Les Ig Nobel récompensent chaque année les études scientifiques les plus insolites, pour ne pas dire les plus farfelues.