Tous les politiciens gazouillent sur Twitter. Pour des hommes ou des femmes politiques dignes de ce nom, je trouve que c’est abaisser leur fonction.
Ils lâchent sans cesse sur le réseau - ou d’autres lâchent pour eux - de petits pets à 140 caractères, des ersatz de pensée, du nombrilisme sans intérêt, des jugements hâtifs, des squelettes d’émotions, des réactions épidermiques, des bouffées de colère feinte, des condamnations sans fondement, rarement des mots d’esprit.
Ils exposent ainsi leur superficialité à leurs « suiveurs » aux aguets, quand ce n’est pas l’envol d’une connerie dont ils se mordent ensuite les doigts qui ont distraitement déposé ce caca sur le clavier.
Et s’ils ne le font pas ils sont ringardisés. Vouloir plaire à tout prix, être « dans le vent », être « in », c’est simplement de la démagogie : voyez, je suis comme vous, je suis moderne : je gazouille. Et ils tirent orgueil du nombre de personnes susceptibles de suivre leur lâchage de petits pets, et ils sont aux anges si l’un d’entre eux est repris par les médias.
C’est évidemment le degré zéro de la communication,
Mais gazouiller leur permet d’être présents. La présence est l’impératif catégorique du politicien. Si l’on ne parle plus de sa personne, elle est morte. N’a-t-on pas salué le retour de DSK sur Twitter ?! Preuve qu’il est à nouveau présent et présentable.
Alors gazouiller chaque jour est la preuve de son existence. Gazouiller, c’est respirer, même si c’est pour certains faire preuve d’une cervelle d’oiseau.