Comme le dieu Janus, les sociétés occidentales ont deux visages opposés : la fragilité de l’individu et la violence de groupes. Cette violence s’est récemment exprimée en France (et elle existe encore davantage aux USA), en dehors des actions terroristes et de la guerre entre bandes de délinquants, par des meurtres pour des raisons futiles : une querelle dans une fête de village, pour la possession d’un jogging et il y a quelque temps pour une simple reflexion sur du bruit. Les couteaux sortent de plus en plus vite de la poche. Cette violence "gratuite" ne concerne qu’une partie de la population et est surtout le fait d’adolescents ou de jeunes adultes. Les politiques selon leur tendance s’intéressent plus ou moins à leur origine ethnique. Se substituant à cette violence par agression physique, on retrouve, surtout aux USA , une curieuse fragilité mentale qui est surtout le fait des minorités ethniques ou sexuelles qui cherchent à se protéger de toute agression émotionnelle qui pourrait être provoquée par des débats ou par de simples réflexions, au point qu’il existe dans les universités américaines des lieux de sauvegarde pour s’y réfugier afin de ne pas être heurté par ce qui risque de leur déplaire. Je
ne sais pas si ces lieux existent toujours car la parole universitaire est devenue précautionneuse, corrigée par l’autocensure si l’on ne veut pas perdre son poste d’enseignant. Cet enfermement dans des bulles, qui endort plus qu'il n'éveille, vient renforcer l’affirmation identitaire et la victimisation. Ce comportement, cette sensibilité à fleur de peau frise le ridicule et à un haut degré lorsque l’on voit l’entrefilet (tiré de Marianne) où elle s’étend même aux animaux qui pourraient être blessés s’ils avaient connaissance que l’on puisse ainsi les dévaloriser en empruntant leur identité de façon inappropriée pour ne pas dire par appropriation culturelle.