Bien que cette information n’intéresse personne, je dois avouer que je lis de moins en moins de littérature médicale. Je me dis que c’est normal puisque je n’exerce plus la médecine qu’à la marge, et que j’ai moins de raisons de me tenir immédiatement au courant de son évolution, ce centre d’intérêt revêtant moins d’importance pratique.
En fait, la raison n’est pas là. Jadis je dévorais la littérature médicale sans modération et sans appréhension. Le monde était divisé en deux : les gens malades et les gens sains et j’appartenais à cette dernière catégorie sans arrière-pensée. Les gens malades étaient à l’extérieur et je travaillais à les secourir sans craindre la contamination.
Aujourd’hui, j’ai pris de l’âge ou plutôt l’âge m’a pris, et le passage d’un monde à l’autre est pour bientôt, car j’ai la chance de ne pas avoir encore – pour l’instant (j’insiste) - passé franchement la frontière. La littérature médicale m’offrant le programme détaillé des possibles réjouissances à venir, j’évite de plus en plus de le consulter, d’autant plus que je ne peux pas choisir la programmation, et qu’elle me sera imposée.