Je n’ai que peu suivi hier soir les débats sur les résultats du premier tour des élections cantonales, mais ce peu m’a permis de constater que les représentants des différents partis politiques restent toujours égaux à eux-mêmes, trouvant pour la plupart, soit des raisons de se réjouir, soit les justifications pour expliquer la médiocrité de leurs résultats, tout en écartant, en général, leurs responsabilités.
L’esprit humain a suffisamment de ressources et est assez tordu pour être capable trouver les raisons lui permettant de nier l’évidence. Cette pensée, Ô combien profonde, me fait penser à une anecdote historique qui en est l’illustration mais qui, rassurez-vous, n’a rien à voir avec les élections.
Dans les siècles passés de nombreuses vertus ont été attribuées à la pierre de bézoard et elle était réputée au Moyen Age comme antipoison universel (« pierre de fiel »). Ce n’est cependant qu’une concrétion calculeuse qui se forme dans l'estomac des quadrupèdes (plus rarement chez les humains où l’obstruction qu’elle provoque peut nécessiter une intervention chirurgicale).
Ambroise Paré ne croyait pas aux vertus de cette pierre d’origine organique et voulut en convaincre Charles IX. Il promit à un jeune cuisinier condamné à la pendaison pour avoir volé deux plats d'argent qu'il serait gracié s'il acceptait de se laisser empoisonner à l'arsenic avant d'avaler le bézoard.
Le malheureux mourut dans d'atroces souffrances.
Malgré son sacrifice, Charles ne fut pas convaincu. Le roi conclut que c'était cette pierre de bézoard là qui était exceptionnellement inefficace. « La vérité ne triomphe jamais mais les imbéciles finissent par mourir. » (Wolfgang Pauli).
Bézoard de cheval