Mais le vocabulaire adopté peut avoir une lourde signification lorsqu’il est l’expression du militantisme. La triade écologiste : « responsable », « durable », « renouvelable » s’est définitivement incrustée dans le langage, et elle est particulièrement utilisée par les entreprises, surtout lorsqu’elles sont polluantes, comme argument publicitaire.
Le mot « inclusif » a acquis une place aussi royale que « diversité ». Pourtant les deux mots portés par la même fibre militante ont une signification opposée puisque la diversité disperse alors que l’inclusion renferme. Le politiquement correct (encore une expression omniprésente) cherche à inclure la diversité. Ce n’est pas toujours simple puisque la diversité a parfois tendance à s’exclure plutôt qu’à s’inclure, on appelle ça depuis peu le séparatisme.
Dans certains domaines, comme le sexe, l’inclusion peut aboutir à ce qui ressemble assez à un pot au feu où il y a à boire et à manger. LGB était un sigle cohérent pour 3 orientations sexuelles, l’hétérosexualité étant indirectement représentée par le B, car qui peut le plus peut le moins. L’inclusion s’est compliquée lorsque des wagons inattendus sont venus s’accrocher à l’arrière-train, et la composition du train actuel est LGBTQIA+ : lesbien, gay, bisexuel, transgenre, queer, intersexuation, asexualité, avec un + qui ouvre des horizons illimités. Aux USA le sigle le plus long utilisé est LGBTTQQIAAP, que je n’ai pas l’intention de développer car je n’en vois pas l’intérêt et il y a des limites au ridicule. On constate que l’inclusion ressemble plus à un puzzle qu’à un jeu de dames et le train risque de s’allonger si chaque profil sexuel ou chaque genre revendiqué veut faire partie du voyage car en matière de sexe l'imagination humaine est sans borne.
On voit que la volonté d’inclure pour ne pas discriminer va rendre la vie compliquée car personne ne veut rester sur le quai et ne pas être représenté, car il faut l’être pour revendiquer et qui ne revendique pas n’existe pas.
L'écriture inclusive, prônée par des gens qui prennent la paille pour le grain, et dont je n’ai pas parlé car elle me rend nerveux, est évidemment le type même de l’inclusion qui morcelle, à la fois l’écriture et la société.
Illustration : José de Ribera : 'La femme à barbe", bi-genre.