Il y a une chose qui m’a toujours laissé perplexe : l’Ondam. C’est une bête étrange que certains ne connaissent peut-être pas, aussi vais-je dérouler la chose : il s’agit de « l´objectif national des dépenses d´assurance maladie ». Cet objectif, marge d’augmentation des dépenses, est fixé chaque année par le parlement. Ainsi pour 2009, l’objectif avait été fixé à 3,3%, mais il a été dépassé et serait de 3,5% (ce « dérapage » étant essentiellement le fait des hôpitaux).
A priori, marquer les limites des dépenses parait logique, mais on se demande sur quelles bases elles sont fixées et l’on s’étonne qu’elles le soient par des gens qui n’y connaissent rien. Dans le cas de la santé, le parlement fixe l’Ondam dans un domaine où les dépenses ne dépendent pas de lui, un peu comme s’il fixait à l’avance le nombre annuel d’incendies à éteindre avec la possibilité de laisser brûler les incendies supplémentaires ou comme s’il fixait le nombre annuel de chômeurs permis (mais là, on peut s’arranger pour faire sortir des statistiques les demandeurs d’emploi surnuméraires)
L’Ondam est dépassé pour 2009, alors que se passe-t-il ? Rien, on ne peut que constater que les dépenses augmentent plus que prévues. Alors l’Ondam sert-il à quelque chose ?
Situation irritante, alors le gouvernement a installé récemment un groupe de travail (encore un) venant de la Haute autorité de santé dont l’objectif (un autre) sera de
proposer des outils (tranchants de préférence) permettant que l´Ondam voté annuellement, soit strictement respecté, c'est-à-dire les outils pour désigner en cours d’année les incendies à ne pas
éteindre ou obliger le thermomètre à ne pas monter alors que la fièvre continuera à s’élever avec la population, la proportion des « anciens » et les progrès de la médecine.