Des annonces sur les ondes sont utilisées pour la prévention des maladies. C’est ainsi que sur France Inter un couple, chaque matin, s’amuse avec les termes colo et rectal avec un mauvais goût à couper au bistouri.
Il est plus rare que la publicité serve à diffuser une maladie, comme celle qui promeut les jeux d’argent et les paris en ligne. Leur légalisation date de la coupe du monde 2010. Pensez donc, une pompe à fric pareille, on ne pouvait pas la laisser passer ! Et pour amorcer la pompe, lorsqu’elle ne l’est pas encore, il est proposé aux néophytes de leur apprendre gratuitement le poker avec la perspective, bien sûr, de gagner beaucoup de fric.
En toute légalité, une maladie est ainsi favorisée et entretenue. Le jeu est une addiction redoutable, elle peut conduire au désintérêt de tout autre chose, à la ruine et à la dislocation des familles. Non seulement cette pompe légale aspire le fric, mais également le cerveau.
Quelques mois avant la campagne de diffusion de la maladie, un arrêté a mis en place le groupement Adalis (addictions en tous genres) avec un poste de secours spécifique qui met à la disposition des dépendants, dont on a favorisé la dépendance, un numéro d’urgence (09.74.75.13.13)[1] pour traiter les appels désespérés, ce qui montre qu’aimer le fric n’empêche pas les cyniques d’organiser la compassion. Ce poste de secours aurait reçu 2600 appels, la plupart provenant de joueurs pathologiques (le plus souvent masculins) mais également de leurs proches dont on peut imaginer le désarroi car les joueurs, même fortement endettés, restent dans le déni en conservant l’espoir de se refaire.
Il ne reste plus qu’à permettre aux vendeurs de drogues de faire la promotion de leurs paradis artificiels.
[1] Beaucoup de 13 pour des joueurs superstitieux.