Les vieux racontaient aux jeunes de leur voix flûtée,
Qu’un horrible fléau, dans les temps anciens,
Avait ravagé des pays, détruit des peuples entiers,
Et installé chez tous la terreur du prochain.
Les jeunes écoutaient par respect pour les aînés,
Mais on sait que les vieux manquent parfois de raison,
Pour les gens sensés un tel fléau ne pouvait exister,
Et ils retournaient sans souci à leurs occupations.
On parla du fléau dans des contrées lointaines.
On ne crut pas les voyageurs malgré leur émotion,
Leurs récits furent pris pour des calembredaines,
Et chacun continua en paix ses occupations.
Aux marges du pays apparut le fléau.
Les sandéfauts pensèrent échapper à ses méfaits,
Le mal ne toucherait sans doute que les anormaux,
Et les sandéfauts s’écartèrent des contrefaits.
Le mal envahit brutalement le pays,
Durcissant les coeurs et brûlant les cerveaux,
Il détruisit sans égard, les pauvres et les nantis,
Et jusqu’à l’âme des gens normaux.
Paul Obraska