Ces jours-ci nous avons eu droit à deux referendums : un majeur sur la sortie de l'UE de la Grande-Bretagne, et un très mineur sur l'aéroport de Nantes.
Bien entendu, ceux qui ont voté pour l'alternative mise en minorité contestent toujours le résultat et vont jusqu'à demander que soit fait à autre referendum en estimant que le débat préalable a été faussé par les mensonges de l'autre camp, et/ou que celui-ci ne s'est pas rendu compte des conséquences de leur vote, et/ou que l'électorat consulté n'était pas représentatif, et/ou non concerné, et/ou que le vote majoritaire a été, non pas raisonnable, mais influencé par l'émotion et le désir de marquer son opposition bête et méchante à ceux qui les gouvernent.
Reste que le camp minoritaire concerne le plus souvent près de moitié de la population consultée. Cela fait donc beaucoup de monde mécontent du résultat.
Le referendum est un mode de consultation radicale du peuple. On exige une réponse par oui ou par non pour trancher une question en général complexe. C'est cette complexité même qui conduit les gouvernants à se défausser en demandant son avis au peuple, c'est à dire à l'entité qui connaît le moins la question et ses implications ne serait-ce qu'en raison de la présentation tronquée qu'en font les représentants des deux camps.
La solution issue d'un referendum n'est pas forcément la plus mauvaise, mais c'est rarement la meilleure car elle est sans nuance et exclut d'autres alternatives possibles qui ne figurent pas dans la question.
Le referendum est toujours risqué. Sous le couvert de la démocratie il peut entraîner un bouleversement que personne ne veut vraiment, sauf une minorité qui peut envisager la consultation directe du peuple comme un substitut à la révolution.
Il arrive aussi que les gouvernants posent une question par referendum en espérant une réponse qui viendrait renforcer leur position et de ne pas la suivre en cas de vote contraire. Attitude antidémocratique parfois adoptée dans l'intérêt de la démocratie.