"Le défi de l'Afrique, il est totalement différent. Il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel aujourd'hui. Quels sont les problèmes en Afrique ? Les États faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l'ai rappelé ce matin, l'un des défis essentiels de l'Afrique. Quand des pays ont encore aujourd'hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien".
Cet extrait de la déclaration de Macron au G20 de Hambourg (où d’autres questions avaient été évoquées par lui, mais passées sous silence) a provoqué de vives réactions notamment dans les médias anglo-saxons qui parlent de racisme, de relent de mépris colonial, le terme de « civilisationnel » est critiqué et Libération d’ajouter le 10 juillet : "Sous-développement : quand Macron s'attaque au ventre des femmes africaines".
La première question qui se pose : est- ce faux ? Non, car il est prévu une très forte croissance démographique en Afrique d’ici 2050 et cette surpopulation va aggraver les conditions économiques et amplifier l’émigration, notamment vers l’Europe. L’on sait aussi que l’élévation du niveau de vie contribue au contrôle des naissances. Mais le facteur économique n’est pas le seul sur lequel il paraît nécessaire d’agir. Il me semble que Macron n’a pas tort de souligner que le facteur démographique doit être également pris en compte si l'on veut que les besoins cessent de croître de façon exponentielle, et dire qu’il « s’attaque au ventre des femmes africaines » est stupide car je suppose qu’elles préfèreraient ne pas passer d’une grossesse à une autre et contrôler le nombre de leurs maternités.
Macron a-t-il eu tort de parler de « civilisation » ? Sans doute que le terme de « culture » eût été mieux adapté quand on pense aux relations entre les hommes et les femmes en Afrique, aux facteurs religieux etc…On ne peut nier que la société africaine est différente de la société occidentale et le dire n’a rien de raciste. Nombre d’Africains eux-mêmes critiquent leur société qu’il s’agisse des mœurs ou de la corruption de leurs dirigeants, sans participer au déni systématique et nocif des antiracistes de tous bords.
On pourrait cependant rétorquer que les Africains, s’ils sont capables d’autocritique, risquent de mal supporter les critiques des occidentaux surtout de la part d’une ancienne puissance coloniale. Mais on pourrait aussi répondre que les occidentaux sont les premiers intéressés par la situation africaine dont ils subissent le contrecoup aussi bien par l’aide au développement qu’ils apportent éventuellement, que par le flux migratoire qu’ils absorbent bon gré, mal gré.
D’une façon générale critiquer une autre société que la sienne n’a rien de raciste. Est-ce raciste de critiquer les dérives de la société américaine, chinoise ou brésilienne ? ou de constater l’excès démographique en Inde ou en Chine (que ces pays lucides tentent de contrôler) ? Le racisme est évoqué dès que la critique implique des noirs, ce qui est une autre forme de mépris « protecteur ».
Il est intéressant de noter que Libération qui ne veut pas que l’on touche « au ventre des femmes africaines » a publié le 12 juillet un article de l’AFP intitulé : « Faire moins d’enfants, meilleure action pour réduire son empreinte carbone ».
Cet article fait état d’une étude suédoise récemment publiée dans la revue Environmental Research Letters. Il apparaît en analysant les résultats de 39 autres études, que quatre actions pourraient réduire de façon importante l’empreinte carbone individuelle. La réduction annuelle d’émission de CO2 serait d’après ce travail de :
- O,8 tonne avec une alimentation sans viande.
- 1,6 tonne en évitant un voyage aérien.
- 2,4 tonnes en ne possédant pas de voiture.
- 58,6 tonnes avec un enfant de moins !
Cependant, ces études et ces évaluations ont été faites pour des pays développés et la plupart des pays africains sont toujours en voie de développement. Il semble tout de même que le contrôle de la démographie en Afrique serait bénéfique avant tout pour les Africains, mais également pour le monde entier. Le dire n’a rien à voir avec le racisme.