Dans « Est-ce de
l’art ou du cochon ? » j’avais parlé de « l’artiste » suisse Christoph Büchel, qui avait cherché (et réussi) à provoquer une polémique qu’il considérait comme semblable
à celle provoquée en son temps par la frise sur la 9ème symphonie de Beethoven faite par Klimt. Cette œuvre étant considérée à l’époque comme
pornographique. Cet « artiste » a donc pris l’initiative, depuis le 20 février, de faire pénétrer par une porte dérobée, tous les soirs, les couples d’un club échangiste dans les
sous-sols du musée d’art moderne de la Sécession de Vienne, afin de « redécouvrir leur sexualité » et je pensais que ces sous-sols n’avaient rien à voir avec l’œuvre de
Klimt.
J’ai été sur place, non pas la nuit mais le jour, en bon touriste. A la réception nous avons été accueillis aimablement par une dame qui avait plus l’air d’une maquerelle que d’une guide, elle nous a précédés pour nous conduire vers la frise que nous voulions voir. Surprise ! Nous sommes descendus par un escalier étroit avec de chaque côté de petites lampes rouges et rondes éclairant à peine des murs également rouges et nous avions nettement l’impression de descendre dans un lupanar. Au deuxième sous-sol se trouve la frise de Klimt dans une quasi obscurité et dont on ne voit finalement que peu de choses (les reproductions sont plus visibles). En remontant au premier sous-sol nous avons alors remarqué une baignoire de jacuzzi et des cabines. Diantre ! Les festivités échangistes devaient donc se dérouler à quelques mètres de la frise de Klimt et sans doute même à ses pieds, de quoi mêler l’art et le cochon.