
SOUS-BOIS
Les arbres parés de mousse émeraude
Colonnades cerclant les puits de clarté
Dans le végétal vertical l’intrus perdu rôde
Ses pas craquent sur les brindilles brisées
Dans les branches s’infiltre la lumière
Elle tombe en nappe sur le sol herbu
Scintillante de myriades de poussières
Les projecteurs du ciel suivent l’intrus
La basse continue des insectes en nuées
Bourdonne avant un assaut imprévisible
Les racines sournoises accrochent les pieds
Les feuilles masquent des trous invisibles
Quelque chose se faufile dans les fourrés
Quelque chose rampe quelque part
Surgissent les contes qui l’avaient terrifié
Et peuplaient, enfant, ses cauchemars
Un lièvre bondit, virevoltant, cul en l’air
L’intrus suit du regard son arrière-train
Jusque dans le soleil d’une clairière
Où il retrouve soulagé son chemin
Paul Obraska