Election, piège à haine (bis)
En avril 2012, c'est à dire au moment des précédentes présidentielles, j'avais publié un article qui ne me parait pas dépassé à l'issue de l'élection que nous venons de subir. Cette dernière a vu fleurir les "fakes news" - masque terminologique anglo-saxon du mensonge et de la calomnie - largement diffusés sur les réseaux sociaux, notamment par le FN en fin de campagne, et directement par sa candidate lors du dernier débat. Il est préférable que la haine ne s'exprime que pendant les périodes électorales dans des joutes convenues. Espérons que cette fois elle ne s'exprimera pas également dans la rue par les insatisfaits de l'élection.
La politique est l'art de gouverner une communauté, mais elle est le plus souvent l'art de conquérir le pouvoir et de s'y maintenir. Dans les démocraties le pouvoir s’acquiert par les élections, ce pouvoir qui fascine les politiques, même s'ils ne savent pas toujours quoi en faire (en dehors de leur promotion personnelle) ou comment l'imposer une fois qu'ils en disposent.
Il est certain que les périodes électorales sentent mauvais. Il s'agit de séduire ceux qui sont susceptibles de vous donner le pouvoir en utilisant trop souvent la promesse comme appât, en élevant le mensonge au niveau de l'argument, et en tentant de détruire l'adversaire au besoin en le calomniant, l’assassinat étant formellement prohibé sous nos climats aux regrets de certains.
Dans les démocraties, les armes sont verbales : désinformations, mépris, voire insultes, spécialité des seconds couteaux. Entre politiques c'est plus une joute oratoire, un spectacle théâtrale, dans une pièce écrite par d'autres avec le plus souvent de fausses manières, des postures tartarinesques qui visent à impressionner l’auditoire car les adversaires se connaissent depuis longtemps* puisqu’ils naviguent dans les mêmes eaux et mangent à la même soupe.
Il n'en est pas de même des partisans et des militants qui se dévouent pour leur champion et prennent la chose au sérieux. Plus que leur champion, ils expriment ce qui ressemble fort à de la haine : sifflets et huées devant l’image de l’adversaire, boules puantes glissant sur la toile, fausses informations ou informations tronquées et déformées que d’autres recueillent religieusement pour les diffuser, sans les vérifier, sans en connaître la source puisqu’elles vont à l’appui de leurs convictions. Tout est bon à prendre. L’amour est aveugle, la haine aussi.
* Ce qui ne fut pas le cas cette fois.