Ne sont-ils pas beaux ?
A votre droite : Juncker, président de le Commission européenne, après avoir fait de son pays, en tant que premier ministre luxembourgeois, un paradis fiscal à la barbe de ses voisins européens.
A votre gauche : Erdogan, islamiste bon teint, détricotant peu à peu la transformation laïque de la Turquie effectuée par Atatürk, un tantinet mégalomane, de plus en plus autocrate, muselant les médias, enfermant les journalistes, magnifique planche pourrie comme allié de l’occident, bombardant les Kurdes plutôt que l’Etat islamique contre lequel il s’oppose mollement, et en baissant pudiquement les yeux lorsque le pétrole, dans un sens, et les armes, dans l’autre, passent à travers la frontière turco-syrienne.
Ils sont tout sourire ces deux-là. Juncker avale la couleuvre et paraît un peu crispé. Erdogan paraît satisfait, et je le comprends : les pourparlers pour l’adhésion de la Turquie à l’UE vont reprendre.
Car le Grand Turc possède une arme majeure : les milliers de réfugiés musulmans qui stagnent sur son sol, et aimeraient pour la plupart rejoindre l’Europe. Alors l’UE débourse 3 milliards d’euros en demandant humblement au Grand Turc de freiner l’envoi de ses missiles humains, et envisage, en se déculottant, d’inclure dans l’ensemble européen un pays essentiellement asiatique, de culture différente, peuplé de près de 80 millions d’habitants et de religion musulmane à 98%, un pays qui deviendra dans un proche avenir le plus peuplé de l'UE et permettra à celle-ci d'avoir une frontière commune avec des voisins de bonne compagnie.
Pourquoi faire du détail quand on peut faire du gros.