Il fût un temps où chaque bon médecin tenait soigneusement à jour une fiche pour chacun de ses patients, souvent manuscrite, et dont il était le gardien. Ces fiches, le plus souvent informatisées, existent toujours (du moins, je l’espère), mais le progrès conduit à vouloir stocker ces données secrètes dans des lieux mystérieux afin qu’elles puissent être partagées. Le système permettant de faire fonctionner ce Dossier médical personnel (DMP, le P voulait dire à l'origine "partagé") parait complexe et onéreux, mais les autorités de tutelle espèrent en tirer des économies. Le Dossier pharmaceutique (qui a ses avantages) est déjà fonctionnel et le Dossier médical personnel, dont l'utilité n'est pas évidente, dans les limbes depuis longtemps, est prévu pour 2010.
Le 30 avril dernier aux USA, le site Internet du « Prescription Monitoring Program » de Virginie a été « piraté » et les hackers en ont extrait les données de 8 millions 257 378 patients ( 35 millions de prescriptions médicales, numéros de sécurité sociale, informations sur le permis de conduire) et effacé les originaux qu’ils ne restitueraient que contre une rançon de 10 millions de dollars, en menaçant l’organisme de contrôle des prescriptions, s’ils n’obtiennent pas satisfaction, de les vendre au plus offrant.
Le progrès, ça va encore durer longtemps ?