Le visa d'exploitation du film La Vie d'Adèle, qui avait obtenu la Palme d'or à Cannes en 2013, actuellement interdit aux moins de 12 ans avec avertissement, a été annulé par la justice en raison des « scènes de sexe réalistes » du film « de nature à heurter la sensibilité du jeune public ».
La justice avait été saisie par l'association « Promouvoir », proche des milieux catholiques traditionalistes et qui avait déjà réclamé l'annulation des visas d'exploitation de plusieurs films, dont Nymphomaniac, de Lars von Trier, et Love, de Gaspard Noé.
Je n'ai pas vu La vie d'Adèle dont la valeur cinématographique est probable puisque le film a été apprécié par un jury de cinéphiles. Il doit effectivement comporter des scènes d'amour (entre femmes) si l'on en croit le scénario et la bande annonce.
La question que je me pose, et que je me suis déjà posée comme bien d'autres : des scènes d'amour physique entre deux personnes, où il s'agit d'abord d'amour, heurtent-elles davantage la sensibilité d'un jeune public que des scènes d'horreur : violences, tortures, assassinats, décapitations, crucifixions, sang et plaies, dont les enfants, même de moins de 12 ans, sont abreuvées que cela soit par le cinéma, la télévision ou par l'intermédiaire de leur ordinateur, que le spectacle soit fictif ou réel, car l'actualité ne manquent pas de nous en fournir la matière.
Il semble que les religions monothéistes, acceptent plus volontiers l'horreur physique que l'amour physique. L'horreur physique peut être montrée et parfois exhibée, comme une antichambre douloureuse de la mort ou comme une mort accomplie, dans les tableaux ou sous forme de reliques mortuaires, alors qu'il est impératif de cacher l'amour physique considéré comme un spectacle dégradant bien qu'étant le substratum de la vie.
Courbet : "Le sommeil"