Depuis quelques mois une lubie, pour ne pas dire une obsession, frappe les jeunes filles et même les fillettes de 12- 13 ans. Il s’agit pour ces adolescentes de réussir le « thigh gap », c'est-à-dire creuser suffisamment les cuisses à force de privations et d’efforts pour obtenir un écart conséquent entre elles en position debout, jambes jointes, afin que ces cuisses devenues filiformes puissent dessiner avec le périnée un triangle vide aussi désastreux que le triangle des Bermudes. Un vide qu’elles s’empresseront d’exposer sur le web comme un exploit.
Des blogs, des communautés et des forums sont consacrés à cette démarche débile et dangereuse qui focalise l’anorexie sur la zone centrale du corps féminin alors que ces jeunes filles arborent sans réticence leur poitrine lorsque les seins sont apparus. Elles cherchent à ressembler à leurs idoles ou à des mannequins dont les photos sont souvent retouchées. Les images exposées avec fierté sur le web concernent essentiellement la moitié inférieure du corps assorties des mensurations obtenues dans une malsaine compétition à la recherche d’une perfection corporelle ou plutôt de l’idée aberrante qu’elles s’en font.
Après la lubie des clavicules saillantes, le paysage visible entre les cuisses, quelle sera la prochaine lubie minceur ? Des fesses aérodrome avec piste centrale ? Car pour le cerveau c’est déjà fait.