En tant que mâle hétérosexuel assumé, bien que sur le retour, je trouve à la fois drôle, triste, ridicule, délirant, le crêpage de chignon relaté récemment dans un article de Peggy Sastre (Le Point.fr) entre les féministes radicales et les activistes « trans ». En effet, les premières mettent en cause le plein statut de femme pour les secondes, avec toutes ses prérogatives, y compris la jouissance des toilettes publiques réservées aux femmes. Pour ces féministes, accorder aux trans-genres des prérogatives réservées aux femmes pourvues d’un utérus serait une autre forme que prendraient la domination et l’oppression masculines (domination qui pourrait être effective si les trans-genres étaient autorisés à concourir lors des compétitions sportives dans les catégories féminines). Pour elles, un homme se transformant en femme serait, si je peux m’exprimer ainsi, de l’entrisme (« ils veulent nous traquer jusque dans les chiottes pour nous violer ! »). Ce qui montre que la conquête de la féminité est un long chemin semé d’embûches et qui peut déboucher sur les thèmes métaphysiques de l’essence et de l’existence, de l’être et du paraître. Le lieu du débat ne saurait être mieux illustré que celui des aisances, un lieu où la condition humaine est mise à nu et où l’être humain, quelle que soit sa condition, élimine des déchets semblables. Illustration : Bernard Buffet : "les folles"