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Monsieur Tapie a beaucoup souffert…
Dans
les années 75-80, Bernard Tapie avait créé SOS cœur : en échange d’une cotisation conséquente, tout abonné présentant des signes suspects de pathologie cardiaque se voyait dépêcher, sur
un simple appel, un motard avec comme passager un cardiologue suréquipé. Il y eut des abonnés.
Il y eut un infarctus du myocarde, il n’y eut ni motard, ni cardiologue.
SOS cœur disparaissait. Tapie commençait à souffrir.
Plus tard, dans la souffrance, Tapie dépeçait Wonder et pillait la maison de couture Grès et bien d’autres entreprises.
Toujours dans la douleur, il se livra à un certain nombre de magouilles, de manipulations et de numéros d’équilibre financier avec la société Adidas.
C’est toujours dans la douleur qu’il se retrouva en prison et ruiné.
Plus récemment, au terme d’un interminable procès, Tapie se trouvait en très mauvaise posture, lorsque survint le miracle.
Le miracle s’appelait Christine Lagarde qui décida d’interrompre la procédure normale en cours et de faire appel à un « tribunal arbitral » (3 personnes de la société civile, sans aucun
lien avec la « justice officielle », qui se substituent aux magistrats et rendent, en contrepartie de 300 000 € d’honoraire chacun, la « justice »).
Loin de nous l’idée de mettre en doute l’éthique et l’honnêteté de Madame Lagarde et de ce tribunal arbitral qui prit une position radicalement inverse à celle des magistrats qui
jugeaient Tapie.
L’État fut condamné à régler à Mr Tapie la somme de 285 millions d’euros, mais surtout, le tribunal arbitral accorda à Mr Tapie 45 millions d’euros (vous avez bien lu) au titre de «
préjudice moral ».
Nous nous contenterons de rappeler qu’en cas de décès d’un enfant, les responsables sont généralement condamnés à régler aux parents un préjudice moral de l’ordre de 35 000 €.
Si l’on pousse l’indécence à mettre en parallèle les deux sommes, on peut imaginer que Mr Tapie a beaucoup, beaucoup souffert.
Stéphane VINCENT
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