Le bateau gouvernemental doit sombrer dans quelques mois et les capitaines tentent de sauver leurs matelots avant le naufrage. Les chaloupes sont prêtes à voguer vers des havres plus sûrs.
Marisol Touraine, ministre de la santé toujours sur le pont, vient de mettre dans une chaloupe un conseiller de son cabinet, Frédéric Vanier, ex inspecteur des finances, destiné à accoster à l’Institut Gustave-Roussy où il doit prendre la casquette de directeur adjoint par arrêté ministériel, poste opportunément libéré après la mutation de celui qui l’occupait auparavant.
Le directeur de l’IGR, le professeur Alexander Eggermont, pense que l’homme imposé par la ministre n’a pas la compétence voulue (il a déjà été refusé par deux hôpitaux), alors qu’il avait choisi un candidat dont la compétence lui paraît supérieure en matière de gestion hospitalière.
L’IGR est un établissement privé et si le ministère a la faculté d’entériner ou de refuser un candidat, il n’est pas d’usage qu’il le nomme directement, le directeur ayant habituellement le choix de son adjoint avec lequel il doit faire équipe. Aussi ce parachutage ministériel provoque-t-il de sérieux remous dans ce centre de cancérologie où le choix du directeur avait déjà été approuvé. Le Pr Eggermont, praticien de grand renom, menace à terme de démissionner et de partir à l’étranger.
En France (comme ailleurs), l’important n’est pas d‘être compétent mais de connaître la bonne personne. Comme disait Brassens : « Les Copains D’abord » et les ministres connaissent la chanson.