Fragonard : "Le verrou"
Aujourd’hui se déroule une manifestation contre les violences sexistes essentiellement exercées par les hommes sur les femmes, les premiers considérant parfois les secondes comme leur propriété dont ils estiment pouvoir disposer et abuser jusqu’au meurtre.
Tout tourne autour de la notion de consentement. Une chaîne dominante du secteur du commerce de la quincaillerie sexuelle (« Passage du désir ») fait désormais figurer sur les boîtes de ses sex-toys, la mention suivante : « Tous les actes intimes doivent être basés sur le consentement mutuel. Assurez-vous de l’accord de votre partenaire pour tout rapport ou pratique particulière. ». Je suppose donc que l’on va équiper chaque sex-toy d’une boîte vocale pour demander à la personne pratiquante la permission d'être introduit à l’endroit choisi par elle-même. Tout est possible en matière de sex-toy, j'ai vu récemment dans la vitrine d'une boutique un sex-toy en forme de Tour Eiffel, sans doute destiné aux touristes.
Dans la loi française la définition du viol ne comporte pas la notion de consentement, et son introduction dans la loi est demandée par nombre de manifestantes. Or les ébats sexuels se déroulant habituellement dans l’intimité et sans témoins extérieurs aux protagonistes, l’absence de consentement peut être affirmée sans preuve par l’un d’entre eux. Reste donc à créer des formulaires à remplir et à signer par chaque membre du couple avant de passer à l’acte, ce qui serait une assurance légale mais un frein à la spontanéité et l’achèvement des derniers vestiges du romantisme.
J’attire toutefois l’attention du législateur sur la possibilité où l’un des partenaires pourrait dire qu’il avait été obligé de signer le formulaire sous la contrainte. Aussi si l’on veut vraiment qu’il n’y ait aucun doute sur le consentement, il serait souhaitable que les deux futurs postulants à l’acte sexuel quittent leur nid douillet pour aller de concert faire tamponner (un timbre ne sera pas nécessaire) le formulaire au commissariat le plus proche (à condition qu’il soit ouvert et opérationnel) à la porte duquel les queues risquent fort de s’allonger, ce qui ne sera sans doute pas le cas de celle du protagoniste masculin refroidi par l’attente, rendant ainsi le consentement obsolète.