Une cause nationale attractive.
A la suite de la déclaration de François Hollande décrétant que la sécurité des juifs de France devait être une « cause nationale » lors de l’hommage rendu aux trois enfants juifs et au rabbin abattus par Mohamed Merah en mars dernier, Abdallah Zekri, président de l’observatoire contre l’islamophobie (à noter que le paysage français est truffé d’observatoires) a déclaré à la sortie d’un entretien avec Jean-Marc Ayrault : "Vu la montée des actes islamophobes et le racisme anti-musulman, nous souhaitons une déclaration solennelle du président de la République, qu'il associe également les musulmans français à cette cause nationale". Le fait saillant ayant été l'occupation de la mosquée de Poitiers (en construction) par des militants du mouvement d'extrême droite « Génération identitaire ». Manifestation que l’on peut réprouver mais qui se voulait surtout symbolique, en sachant que le symbole peut mener plus loin.
Du haut de son observatoire, Mr Zekri a sûrement remarqué, qu’en France, ce sont des musulmans qui agressent des juifs jusqu’au meurtre et peut-être pourrait-il participer à la « cause nationale » en tentant de calmer la partie hystérique de ses coreligionnaires.
Antisémitisme et islamophobie.
L’antisémitisme n’a pas attendu le conflit israélo-palestinien pour exister depuis deux mille ans, maladie qui tient du complexe d’Œdipe pour les deux monothéismes auxquels le judaïsme a donné naissance, maladie du complot et paranoïa pour les autres. N’en déplaise à l’extrême gauche, qui ne voit que d’un œil, en dehors de la xénophobie, il existe des causes objectives à l’islamophobie : importation d’une culture qui se heurte par ses différences à la culture européenne, rejet de la France par une frange des descendants d’immigrés qui retourne à leurs racines tout en restant dans l’hexagone, dont certains font, sans réticence, un héros d’un meurtrier et dont un petit nombre s’organise en cellules terroristes, existence d’un intégrisme qui ne cache pas sa volonté prosélyte, véhiculé avec violence par des imams d’importation, intégrisme dont on voit l’application peu reluisante sous d’autres cieux et que l’on aimerait voir désapprouvé avec plus de force et sans ambiguïté par la majorité qui n’adhère pas à cet extrémisme, comme le font courageusement quelques rares imams dont celui de Drancy (Hassen Chalghoumi).
« Le racisme anti-musulman ».
J’ai relevé dans la déclaration de Mr Zekri : « le racisme anti-musulman ». Cette formule implique déjà la confusion désormais habituelle entre un groupe humain et une religion. Et comment une hostilité à une religion peut-elle être un racisme ? Le racisme concerne des êtres humains (que l’on considère comme inférieurs) et non pas leurs croyances. On a tout fait le droit d’être réservé sur des croyances lorsqu’elles sortent de la sphère privée pour s’imposer dans l’espace public jusqu’à devenir meurtrières, sans pour autant considérer que ceux qui les pratiquent sont inférieurs en quoi que ce soit et sans faire obstacle à la liberté de les pratiquer paisiblement dans la sphère privée et dans le cadre légal. Il semble que Mr Zekri se lance dans une concurrence victimiste et quoi de plus efficace que de se dire victime d’un racisme.