Ce matin sur France Inter, j’ai entendu Pierre Moscovici, notre ministre de l’Economie, des finances et du commerce extérieur, répéter à plusieurs reprises qu’il prônait « une compétitivité à la française ». C’est sûrement un concept évident car le journaliste qui l’interrogeait n’a pas éprouvé le besoin de lui demander en quoi consisterait une compétitivité spécifiquement française et différente de celle des autres pays qui exportent leurs produits parce que qu’ils sont moins chers et/ou meilleurs ou inexistants ailleurs. Cela m’étonnerait que les pays étrangers se portent acquéreurs de phrases creuses dont nous sommes les champions.
Le conseil national de l’Ordre des médecins vient de jeter un gros pavé dans la mare en proposant de restreindre la liberté d’installation des jeunes médecins en les obligeant à exercer 5 ans dans la région où ils ont acquis leur formation terminale, région qui avait été déterminée, ainsi que la filière choisie, en fonction du classement obtenu à un examen (Epreuves classantes nationales) et non pas de leur lieu de résidence. Les jeunes médecins protestent contre cette proposition qui les obligerait à créer 5 ans après une seconde clientèle (« patientèle » pour être politiquement correct) dans le lieu où ils avaient initialement prévu de s’installer, sans compter l’impact sur la vie du conjoint et des enfants éventuels. Si cette proposition permettrait de lutter contre la désertification de certaines régions (encore qu’elles risqueraient dans ce cas de ne pas être choisies pour effectuer le 3ème cycle des études), elle diminuerait encore l’attraction des jeunes vers la médecine libérale (qui n’est que d’environ 10%) au profit du salariat. C’est aussi une bonne façon (si la proposition était adoptée par le gouvernement) de provoquer une grève des internes des hôpitaux et quelques remous sociaux, une arrière-pensée de la part de l’Ordre des médecins que je rejette avec la plus grande énergie.