Charb, qui fut assassiné avec onze autres personnes par des islamistes dans les locaux de Charlie hebdo lors de l’attentat du 7 janvier 2015, avait écrit "Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes", œuvre qui fut publiée après sa mort et qui répondait à ceux qui accusaient son journal de provocations répétées à l'encontre des musulmans.
La représentation de ce texte avait déjà été annulée à deux reprises à Lille, en mars et en mai 2017, en raison d’une polémique, la pièce avait été jouée sous haute surveillance ( ! ) au festival d'Avignon. Cette fois c’est le syndicat étudiant Solidaires de l'université Paris 7-Denis Diderot qui avait demandé à la présidence de l'université l’annulation de la représentation prévue hier. (Voir)
Ce qui dérangeait ce syndicat, ce n’est pas la pièce mais le débat qui lui succède: "Ce qui nous dérange le plus c'est qu'on appelle à un débat sur la laïcité"… "Il semble apparent que le débat sera centré sur la question de l'islam et consistera à remettre en cause la lutte contre les violences racistes islamophobes et la parole de leurs victimes" . Ces phrases figurent dans la lettre adressée à la présidence de l’université.
Evidemment qu’après un tel texte il n’est pas déplacé de parler de l’islam, c’est justement son sujet. De quoi les « syndiqués » voudraient-ils parler : du Bouddhisme ? Du Christianisme ? Du Judaïsme ? Des accidents de la route ? Par un scandaleux renversement de la charge, les victimes pour ces « syndiqués » ne sont plus ceux, dont l’auteur de l’œuvre, qui ont été massacrés par des individus se revendiquant de l’islam, mais ceux qui appartiennent également à cette religion, même si la plupart se désolidarisent des extrémistes, mais pas tous, puisque certains n'hésitent pas à proclamer : "Je suis Mohammed Merah", le courageux assassin de petits enfants.
En se posant en victimes (en France, car ailleurs ils le sont, mais surtout de la part de leurs propres coreligionnaires), les musulmans et ceux qui les soutiennent exigent que l’on se taise sur les dérives de l’islam en brandissant le spectre de l’islamopbobie comme s’il s’agissait d’un racisme et non d’une opinion sur une religion que chacun devrait être libre d’avoir tant qu’elle ne devient pas agressive. Les « syndiqués » font évidemment l’amalgame entre islamophobie et racisme en parlant de « lutte contre les violences racistes islamophobes ».
Et les victimes de cette islamophobie qui semblent bouleverser les « syndiqués » sont-elles si fréquentes ?
D’après le ministère de l’Intérieur (31 janvier) les actes antimusulmans se sont élevés à 121 faits en 2017 avec une baisse de 34,5% par rapport à 2016, alors que l’on compte 311 actes antisémites en 2017 avec des actions violentes exigeant l’intervention de la police ou de la gendarmerie, ces agressions contre les Juifs sont passés de 77 en 2016 à 97 en 2017 et il semble bien que la plupart sont perpétrées justement par des musulmans (bien que, pudiquement, on évite de préciser la chose) sur lesquels les « syndiqués » pleurent.
« S'agissant des atteintes aux édifices religieux et aux sépultures, les sites chrétiens ont été moins visés en 2017 (878 faits) qu'en 2016 (949 faits) tout comme les sites musulmans (72 faits en 2017 contre 85 en 2016) ». Notons que les sites chrétiens sont 12 fois plus touchés que les sites musulmans, ils sont certes plus nombreux mais il y a amplement matière à créer un Conseil contre la christianophobie. Quant aux sites juifs leur atteinte a été en augmentation de 2016 à 2017.
En France, on peut dire aux musulmans : n’ayez pas peur ! Par contre, pour les autres…