Quand un être humain meurt, on utilise souvent deux expressions quasiment métaphysiques : « il a disparu » ou « il a trouvé la mort ».
« Il a disparu », pourrait être interprété : soit comme une possibilité de le retrouver, et pour les croyants dans l’Au-delà, soit comme un retour au néant, une évanescence, un effacement. Or cet être n’est pas effacé, il reste sous la forme d’un cadavre puis de squelette que l’on retrouve parfois quelques millénaires après la disparition de la vie. Car c’est évidemment la vie qui disparaît, mais une vie qui peut rester dans la pensée des autres sous la forme d’un récit tant que ceux-ci continuent à vivre ou dans la communauté humaine si l’être disparu a laissé une trace historique par ses œuvres.
« Il a trouvé la mort » est une expression bien plus bizarre. Elle sous-entend que dès que l’on nait on recherche la mort comme un but. C’est une expression d’une grande profondeur. Elle signifie que la mort est la face cachée de la vie, elle l’accompagne, mais la mort finit toujours par se révéler quand l’organisme vivant perd sa lutte permanente contre elle.
Bonne journée.
Le tableau est de Andrea Mantegna : « La lamentation sur le Christ mort »