Il suffit de revêtir un gilet jaune pour que tout s’éclaire et devienne simple, que les solutions à des problèmes apparemment insolubles depuis des décennies surgissent à l’évidence, et en écoutant toutes ces personnes illuminées par le vêtement jaune, on se demande pourquoi nos élites ne les ont pas trouvées plus tôt.
C’est ainsi que l’on voit défiler sur nos écrans des personnes, le plus souvent sympathiques, revêtues du talisman jaune, chacun aplatissant son « œuf de Colomb » devant des journalistes stupéfaits et un public ébahi :
« Enfin, ce que nous demandons est simple, il suffit d’augmenter les minimas sociaux et les salaires en diminuant les taxes et les impôts et prendre l’argent aux riches en leur demandant de rester en France pour créer des emplois. Si ces demandes simples et justes ne sont pas satisfaites, nous continuerons à manifester ».
Limpide. Si la classe politique n'a pas appliqué ces solutions jusqu’à présent, c’est qu’elle est incompétente ou corrompue, vendue, achetée ou composée de marionnettes dont les fils sont tirés par les banques, le grand capital ou l’étranger.
Je caricature à peine. Ce qui ne veut pas dire que les demandes de ces "gilets jaunes" n‘étaient pas sensées au départ, cela ne veut pas dire, non plus, qu’il n’existe pas un déficit de démocratie que la représentation par les élections ne permet plus de combler. Mais on assiste à présent à l’étalage de tous les arguments, les récriminations, les accusations plus ou moins haineuses, et les calomnies habituellement brandis par les leaders populistes pour prendre le pouvoir. Le mouvement des « gilets jaunes » est une démarche populiste à l’envers car spontanée et pour l’instant sans leader. Un corps remuant sans tête comme un poulet décapité. Mais de ça, je ne m’en plaindrais pas.