A la suite de la disparition d'un petit
bonhomme dont le seul talent avait été d'être le fils de son père, mais paré de toutes les vertus aussi invraisemblables soient-elles, la télévision Nord-Coréenne nous a montré complaisamment la
population en pleurs, dont une jeune femme à genoux un tantinet hystérique et des soldats qui, malgré leur virilité, avaient la larme à l'œil à défaut de l'avoir à la bretelle. Ce spectacle
affligeant aurait pu être comique s’il n'avait été tragique en montrant le degré de décérébration atteint pas une partie de la population civile, l'autre partie étant internée dans des camps de
décérébration active auxquels échappent les militaires d'emblée décérébrés, mais bien nourris.
Le communisme, où l'Etat est censé s'occuper de tout et avant tout de lui-même, s'efforce d'écarter toutes les religions existantes pour les remplacer par la déification du chef qui ne souffre guère d’exceptions, droit divin susceptible de s’étendre à sa famille. A tout prendre, il est peut-être préférable de croire à un Dieu absent, même si ses serviteurs prennent quelques libertés avec lui, qu'à un Dieu trop présent, souvent mégalomane et paranoïaque dont les bouffées délirantes sont dangereuses pour les autres mais malheureusement pas pour lui-même, et s’il échappe à l'internement, c’est qu’il interne ceux qu’il soupçonne de vouloir l'interner, quand il ne les tue pas.