Oscar Kokoschka : « La mariée du vent »
SOLITUDE
C’est dans le silence de la nuit
Lorsqu’on entend le bois craquer
Lorsque dans le sommeil tu es partie
Que je reste seul, comme je l’avais été
Le vent des rêves t’a emportée dans la nuit
Loin de moi dans un immobile voyage
Tu suis ses méandres en restant à sa merci
En me laissant seul abandonné sur le rivage
C’est dans la solitude de la nuit
Lorsque le monde s’efface dans le noir
Lorsque près de moi tu restes endormie
Que je guette ta respiration sans te voir
C’est dans la pensée de la nuit
Lorsqu’on éprouve l’amère finitude
Lorsque la crainte vient réveiller l’insomnie
Que je ressens l’absolue solitude
C’est dans le crépuscule de la nuit
Lorsque le gris du jour se lève
Lorsque tu te réveilles encore endormie
Que la solitude s’enfuit comme un rêve
Paul Obraska