Il plut sur la ville comme il plut sur le cœur des campagnes.
L’eau a crû jusqu’à la crue, et les riverains ébahis furent cuits,
Qui l’eut cru.
Le réveil sonna et l’ocre Seine sortit de son lit,
Il était l’heure de travailler les berges englouties,
Les quais débarrassés cette fois des promeneurs
Furent offerts aux péniches qui montaient en douceur.
Le zouave qui fait le pont depuis la décolonisation
S’est recyclé comme étalon aqueux bénévole.
Dès que la Seine découche, ses pieds pataugent,
Chacun regarde le plongeur au niveau du pantalon,
Mais lui reste de pierre devant les eaux folles,
Ses yeux toujours fixés sur la ligne bleue des Vosges.
Dans les bas-fonds, les rats des caves se rebiffèrent,
Et sortirent en trottinant vers la lumière du jour gris,
Visiteurs clandestins des ordures ménagères,
Ils écartèrent un vieil SDF en montrant leurs dents,
Alors que l’homo sapiens en manquait cruellement.
Et le premier des rongeurs devant les restes, dit :
Que d’os, que d’os…
Dr WO. Pour ce poème, je préfère utiliser mon pseudo.