Matthieu Lartot, journaliste, commentateur de matchs de rugby, a annoncé sur instagram la récidive d'un cancer du genou. En juin, la journaliste Clémentine Vergnaud, raconte dans un podcast son cancer des voies biliaires, et en juillet, l'influenceuse Caroline Receveur a annoncé au monde, sur le même réseau social, être atteinte d’un cancer du sein « agressif, mais détecté à un stade précoce », et publie des vidéos d'elle à l'hôpital. Avant eux, déjà, Bernard Tapie médiatisait son cancer de l’estomac, l'humoriste Jérémy Ferrari son alcoolisme, le président de Publicis, Arthur Sadoun, un cancer des amygdales, Céline Dion, des troubles neurologiques ou encore Florent Pagny, un cancer pulmonaire (extraits du Point). Ainsi, après le « coming out » sexuel où des personnalités connues font part au monde entier de leur orientation sexuelle ou de leurs préférences en la matière, nous avons de plus en plus le « coming out » médical. Manifestement, l’intimité et la pudeur ne sont plus ce qu’elles étaient. J’avoue qu’en tant que vieux médecin, je ne sais que penser. Le secret médical est une obligation pour le médecin, mais évidemment pas pour le malade, et il a la liberté de claironner sa maladie au monde par le biais des réseaux sociaux. Ces personnalités connues sont les acteurs d’un spectacle mondialisé, leur maladie leur appartient (malheureusement pour eux), et elles peuvent en faire un motif de spectacle. Utiliser son malheur pour rester en scène, et continuer la représentation est une interprétation péjorative de cette exposition médiatique. On peut aussi penser que partager son malheur c’est aider à le supporter et/ou faire taire les rumeurs. Je ne pense pas que ces personnalités ont la motivation altruiste de sortir de leur isolement les personnes atteintes de la même maladie comme certains l’avancent. Illustration : Rembrandt "La leçon d'anatomie"